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Au delà de l'Europe

Mardi 11 novembre 2008 2 11 /11 /2008 18:46

Un article publié par Le Point le 11/11/2008 

  Le Rwanda s'apprête à émettre des mandats d'arrêt contre des responsables français mis en cause par Kigali dans le génocide de 1994, sur fond d'escalade judiciaire entre les deux pays après l'arrestation d'une proche du président rwandais.
Pour le deuxième jour consécutif, des manifestants ont défilé mardi à Kigali contre l'arrestation en Allemagne dimanche de la directrice du protocole présidentiel rwandais, Rose Kabuye, a constaté l'AFP.
Mme Kabuye, qui doit être extradée vers la France, est un des neuf responsables rwandais, proches du président rwandais Paul Kagame, recherchés par la justice française pour leur participation présumée à l'attentat contre l'avion du président hutu rwandais Juvénal Habyarimana, en avril 1994, élément déclencheur du génocide.

Mardi, une source au parquet général du Rwanda a indiqué à l'AFP sous couvert d'anonymat que la justice mettait la dernière main aux actes d'accusation contre 23 des 33 responsables civils ou militaires français mis en cause dans un rapport d'une commission d'enquête rwandaise rendu public le 5 août."Les actes d'accusation sont en train d'être finalisés, les mandats d'arrêt peuvent être lancés à tout moment", a ajouté cette source, qui n'a pas précisé l'identité des responsables français visés.
Ce rapport de la commission d'enquête rwandaise a accusé nommément 33 dirigeants politiques et responsables militaires français de l'époque d'avoir "participé" au génocide.
Environ 800.000 personnes, selon l'ONU, essentiellement parmi la minorité tutsi et les Hutu modérés, ont été tuées pendant le génocide d'avril à juillet 1994 au Rwanda, planifié et exécuté par les extrémistes hutu.
La France était "au courant des préparatifs" du génocide, a "participé aux principales initiatives" de sa mise en place et "à sa mise en exécution", a accusé le rapport.
Au rang des 13 dirigeants français incriminés par le rapport, figurent notamment le président français à l'époque des faits François Mitterrand, le Premier ministre Edouard Balladur, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, son directeur de cabinet Dominique de Villepin ou encore le secrétaire général de l'Elysée Hubert Védrine.
La France a reconnu des "erreurs" dans sa politique rwandaise, mais a toujours récusé les accusations lui faisant porter une responsabilité dans les massacres.
Réagissant à ces accusations, le ministre français de la Défense Hervé Morin les avait jugées "absolument insupportables" et assuré que les militaires français n'avaient "rien à se reprocher".
Dix officiers français ayant participé à l'opération militaro-humanitaire Turquoise au Rwanda, en 1994, ont porté plainte en diffamation devant le tribunal de grande instance de Paris après leur mise en cause dans le rapport rwandais, a-t-on appris le 5 novembre de source judiciaire.
Parmi les plaignants figurent cinq généraux, dont Jean-Claude Lafourcade qui a commandé l'opération Turquoise, et cinq colonels, a indiqué à l'AFP un proche des plaignants.
L'annonce mardi du parquet rwandais s'inscrit dans une bataille judiciaire entre le Rwanda et la France entamée en novembre 2006 après la signature des neuf mandats d'arrêt par le juge français Jean-Louis Bruguière, qui a également réclamé des poursuites contre M. Kagame pour sa "participation présumée" à l'attentat contre l'avion de M. Habyarimana.
Kigali a rompu fin novembre 2006 ses relations diplomatiques avec Paris à la suite des démarches du juge Bruguière.
Début juillet 2008, M. Kagame avait menacé de faire inculper des ressortissants français pour le génocide si les tribunaux européens, et notamment français, n'annulaient pas les mandats d'arrêt émis contre des responsables rwandais.

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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /2008 22:46

 
Au-delà de la force symbolique que représente l’arrivée historique de Barack Obama à la tête des Etats-Unis, le peuple américain a exprimé largement  le 4 novembre 2008  sa volonté de changement et d’engagement dans une voie nouvelle.

 Alors que le monde est confronté à une crise économique de grande ampleur et à l’urgence environnementale, cette victoire apparaît comme un signe fort qui doit nous pousser à dépasser  nos clivages archaïques et construire un nouveau projet de société.

 L’ensemble des démocrates doit maintenant se mobiliser en France et en Europe pour accompagner ce nouvel élan.

 Nous venons de connaître un magnifique exemple de rencontre entre un Peuple et un homme. Les Etats-Unis d’Amérique  viennent de nous envoyer un message d’Espoir pour le monde.

A nous, maintenant de préparer  le Changement pour nos villes, nos villages et notre Pays…

 Rejoignez nous !

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Mardi 4 novembre 2008 2 04 /11 /2008 08:20

“S’il y a une récession, naturellement ce sera plus difficile de débloquer des ressources pour l’agriculture dans les pays en développement, mais en plus, les revenus ne vont pas augmenter en période de récession, et par conséquent, il va y avoir encore plus de gens pauvres et affamés… “ Constat sans appel de Jacques Diouf, le directeur de la FAO, à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation.
Pour tous les acteurs de la lutte contre la faim dans le monde, il faut à tout prix éviter que la crise financière qui frappe le monde entier depuis plusieurs semaines ne vienne encore compromettre l’aide dont les pays pauvres ont urgemment besoin. Car voici la situation:
A l’aube du millénaire, l’ONU s‘était engagée à réduire de moitié la faim dans le monde d’ici 2015. Or en un an, non seulement le nombre des personnes concernées n’a pas baissé, mais il a augmenté. 75 millions de personnes en plus, essentiellement d’Asie pacifique, d’Afrique sub-saharienne et d’Amérique latine. Or,dans le même temps, l’aide internationale a atteint son plus bas niveau depuis 40 ans. “Le monde doit se relever de trois crises, les prix alimentaires, ceux de l‘énergie, et maintenant la crise financière, dit ici cette responsable du Programme alimentaire mondial. Tout le monde est touché, mais pour ceux qui vivent avec moins d’un dollar par jour, c’est une question de vie ou de mort, de pouvoir nourrir ses enfants ou pas. En cette journée mondiale de l’alimentation, il est important que nous rappelions cela, et que nous rendions hommage à ceux qui ont rempli leurs engagements…
article publié sur www.euronews.net

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Vendredi 15 août 2008 5 15 /08 /2008 10:39

Article  de Christine Legrand paru dans Le Monde du 15.08.08.

Le nouveau président du Paraguay, l'ancien évêque Fernando Lugo, prend ses fonctions vendredi 15 août. Il devra affronter plusieurs défis, car son élection à la tête d'une coalition de centre gauche, le 20 avril, a suscité d'immenses espoirs dans ce petit pays, rongé par la pauvreté et la corruption, qui n'en est pas moins un enjeu stratégique en Amérique latine. "Imaginez ce que signifie assumer la présidence sans médicaments dans les hôpitaux, sans carburant dans un pays dévasté qui peut s'incendier en moins de deux ou trois mois", a averti, il y a peu, M. Lugo.
La veille de son investiture, le président a dénoncé un complot orchestré par le gouvernement sortant du Parti Colorado, au pouvoir depuis soixante et un ans, allié traditionnel de puissants groupes économiques. Rappelant que 35 % des 6 millions de Paraguayens vivent dans la pauvreté et 20 % dans l'indigence, il a annoncé de nouveaux impôts pour solder la dette sociale.
Elu avec 40,8 % des suffrages, le président Lugo ne bénéficie pas d'une majorité au Parlement. Des divergences existent au sein de la coalition hétérogène qui l'a porté au pouvoir, l'Alliance patriotique pour le changement, qui regroupe des partis et des mouvements de gauche du monde paysan, indigène et syndical, ainsi que le Parti libéral radical authentique (PLRA). Des libéraux ont critiqué le choix du ministre des affaires étrangères, Alejandro Hamed, qui était ambassadeur au Liban. L'ambassade américaine à Asuncion considère M. Hamed comme un ennemi d'Israël et un défenseur de la cause palestinienne.
M. Lugo se dit proche du président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva. Les relations entre Asuncion et Brasilia risquent toutefois d'être mises à l'épreuve sur le dossier énergétique et par la présence de 300 000 Brésiliens travaillant dans l'agriculture installés dans le sud-est du Paraguay. Ces brasiguaios, qui cultivent le soja depuis les années 1970, craignent d'être expropriés.
LE POIDS DU BRÉSIL
M. Lugo a promis une réforme agraire "intégrale" dans ce pays essentiellement agricole, où 1 % de la population contrôle 77 % des terres cultivables. Le nouveau président, qui s'était fait l'apôtre des paysans sans terre quand il était évêque de San Pedro, une des régions les plus pauvres du Paraguay, a néanmoins condamné la récente destruction de plantations appartenant à de grands exploitants brésiliens. Le dirigeant paysan Elvio Benitez accuse les brasiguaios d'occuper illégalement des terres paraguayennes. Il a critiqué, mercredi, le choix du ministre de l'agriculture, Candido Vera Bejarano.
Revendiquant la "souveraineté énergétique" de son pays, M. Lugo réclame une révision du traité qui régit la centrale hydroélectrique d'Itaipu, que le Paraguay partage avec le Brésil. Les Paraguayens consomment à peine 12 % de l'énergie produite, mais sont dans l'obligation de vendre leur excédent aux Brésiliens à un prix bien inférieur au prix du marché.
Brasilia se dit disposé à discuter le prix de l'électricité, mais refuse une révision du traité avant le remboursement des crédits obtenus pour la construction d'Itaipu, en 2023. M. Lugo a renoncé à nommer à la direction de la centrale son principal conseiller, l'ingénieur Ricardo Canese, critique virulent du Brésil, qu'il accuse de "voler" l'énergie du Paraguay.

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Vendredi 8 août 2008 5 08 /08 /2008 01:53

P our justifier l'attribution des JO à la Chine en 2001, le Comité international olympique (CIO) avait argué d'une ouverture démocratique sans précédent dans ce pays. A quelques heures de l'ouverture de cet événement, une grande partie de la presse internationale ne cache pas sa déception.
 Une question taraude l'éditorialiste du quotidien belge Le Soir en ce vendredi 8 août, date de début des Jeux 2008 : "Avons-nous eu tort ou, pire, été naïfs en faisant confiance à ce nouveau continent ? Nous a-t-il trompés sur sa vraie nature, avec pour complice passif un CIO Ponce Pilate de la démocratie ? Allons-nous, en cautionnant ces Jeux, fermer les yeux du monde sur le vrai visage de cet empire qui soigne si bien nos intérêts économiques ? Il n'y a pas de réponse évidente aujourd'hui à ces questions. L'attribution des Jeux à la Chine était en soi une idée légitime, au regard de ce qu'avait accompli et de ce que promettait le pays. Les Jeux ne pouvaient qu'ajouter à l'ouverture croissante de cette cité jusque-là interdite au monde. Leur déroulement, après les incidents tibétains et après le constat des promesses non tenues sur les droits de l'homme, est un défi."

 Au milieu d'une presse allemande assez critique à l'égard de ces jeux, le quotidien Frankfurter Rundschau estime qu'un seul constat s'impose : "La Chine est encore le pays de la non-liberté. Malgré des avancées sociétales, malgré la croissance économique, malgré des logements modernes, la toute puissance du parti communiste reste la même. Les libertés apparentes dans la vie quotidienne des Chinois, comme les vacances à l'étranger, ne sont en réalités que des faveurs accordées par le parti", explique le journal, en expliquant comment les autorités continuent d'exercer un contrôle absolu sur le pays.

 La violente répression des émeutes au Tibet au mois de mars a clairement indiqué, selon le quotidien suisse
Le Temps, que la Chine ne comptait absolument pas modifier sa ligne de conduite. "Nul n'a jamais prétendu que les JO pourraient transformer la Chine. Mais il n'était pas illégitime d'espérer qu'ils arrimeraient un peu plus Pékin aux normes internationales. Depuis bientôt un an, et surtout depuis les émeutes de Lhassa, on constate l'inverse. La Chine se crispe, se referme, obsédée par la maîtrise sans faille de sa fête", explique le journal. "Face à ces manquements, les ONG ont été dans leur rôle en dénonçant la trahison de Pékin. Sans surprise, les Etats se sont montrés plus timorés. A l'heure où l'économie mondiale craint une crise, il n'est pas indiqué de braquer l'un de ses acteurs les plus dynamiques. Mais sans verser dans le travers des donneurs de leçons, on aurait pu attendre un peu plus de fermeté, notamment des Européens."
La France occupant actuellement la présidence tournante de l'UE, le président français Nicolas Sarkozy est la cible de nombreuses critiques car il sera présent à Pékin ce vendredi 8 août alors que les principaux dirigeants européens ont préféré se faire porter pâle. "Si le rétropédalage était un sport olympique, le président français Nicolas Sarkozy serait un candidat sérieux pour la médaille d'or", ironise le magazine américain
Time. La publication rappelle les propos tenus par le chef d'Etat français au mois d'avril. Il s'était déclaré "choqué" par les événements tibétains et avait assuré qu'il n'assisterait à l'ouverture des JO qu'en cas de reprise du dialogue entre la Chine et les représentants du dalaï-lama. Mais sa position a bien changé depuis. Et le journal américain s'amuse du fait que le président Sarkozy a expliqué "qu'il n'avait pas la liberté de boycotter la cérémonie d'ouverture au nom de la France étant donné que d'autres pays attendent de lui qu'il représente l'Union européenne." 

      Pour le quotidien espagnol  La Vanguardia, les Jeux ne représentent pas seulement une épreuve pour la Chine. "Ils constituent aussi une épreuve pour l'Occident, bien moins puissant que les lors des siècles passés, qui doit apprendre à cohabiter avec une superpuissance différente et à établir des relations équilibrées. Ce processus a déjà commencé, comme en attestera la présence des grands dirigeants politiques de la planète dans la tribune des invités de la cérémonie d'ouverture des Jeux."           

      Article d'Olivier Bras   paru dans  Le Courrier International le 8 août 2008
                   

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Lundi 4 août 2008 1 04 /08 /2008 18:03


Le Xinjiang, vaste région montagneuse et désertique, compte plus de 8 millions d'Ouïghours, des musulmans turcophones d'Asie centrale, dont certains sont accusés par Pékin de mener des actions indépendantistes violentes. Située dans le nord-ouest de la Chine, sur l'ancienne route de la Soie, cette région couvre un sixième du territoire du pays avec une superficie de 1,66 million de km2. Cette province compte près de 20 millions d'habitants, appartenant à 47 ethnies, dont la principale, les Ouïghours.

Frontalière notamment avec l'Afghanistan et les ex-républiques musulmanes de l'URSS - le Kazakhstan, le Tadjikistan et le Kirzhistan, c'est la plus occidentale des provinces chinoises, à plus de 3.000 km au nord-ouest de Pékin. Une des plus pauvres de Chine, aussi. Elle constitue cependant avec le bassin du Tarim la principale réserve d'hydrocarbures du pays. Depuis les années 1990, la politique de développement de Pékin s'accompagne, comme au Tibet, de l'envoi de nombreux Chinois d'ethnie Han afin de "diluer" l'influence des Ouïghours.

Rattachée à l'empire chinois en 1884, le Xinjiang faisait partie du Turkestan avant son partage entre la Russie et la Chine au XVIIIe siècle. Devenue un champ clos de la rivalité sino-soviétique, elle était connue initialement sous le nom de Turkestan chinois avant que Pékin ne lui donne le nom de Xinjiang ("nouvelle frontière"). Le Xinjiang s'est manifesté par des velléités d'indépendance à l'égard de Pékin avant même la création de la République populaire de Chine en 1949. Une partie de la province a connu une période d'autonomie, sous le nom de Turkestan oriental, mais de manière très brève, entre 1930 et 1949.

Interrogé par lepoint.fr, Didier Chaudet, chercheur à l'Institut français des relations internationales (Ifri), décrit les effets-boomerangs de la répression, par Pékin, des minorités ethniques en Chine.

lepoint.fr : Que vous inspirent les attentats meurtriers contre un poste de douanes, lundi matin dans la région musulmane du Xinjiang (nord-ouest de la Chine) ?


Didier Chaudet :
Loin d'être le fruit du hasard, ces attentats montrent que des groupes islamistes, notamment le Parti islamiste du Turkestan oriental, inscrit sur la liste des organisations terroristes américaines depuis 2002, semblent avoir la possibilité de recruter de jeunes nationalistes confrontés à la répression chinoise. C'est un nationalisme qui passe par l'islam pour s'exprimer. Les Hans [l'ethnie majoritaire en Chine, NDLR] musulmans qui habitent dans la région, les Huis, ne sont d'ailleurs pas du tout touchés par cette campagne de recrutement. Cela montre le caractère plus nationaliste qu'islamiste de la contestation en général.

lepoint.fr : Les Jeux olympiques de Pékin sont-ils menacés par ces groupes islamistes ?

D. C. :
Ils peuvent effectivement essayer de s'en prendre à la capitale. Récemment, il y a eu des attentats-suicides dans les bus en dehors du Xinjiang, dont on ne connaît toujours pas l'origine exacte. Mais la sécurité va être renforcée. Les autorités chinoises savent que si une bombe explose à Pékin, tout leur travail d'autorité et de respectabilité sera sapé. Surtout si l'attentat est perpétré par un groupe terroriste totalement inconnu du reste du monde, au point que la majorité des médias a longtemps considéré cette menace comme inexistante... Les autorités chinoises vont tout faire pour éviter une attaque, ce qui peut impliquer une recrudescence de la répression au Xinjiang et provoquer ainsi une montée des tensions dans cette région.

lepoint.fr : Si le danger existe, ce n'est donc pas seulement un prétexte du régime chinois pour justifier une répression dans certaines régions ?

D. C. : Pas seulement. Le problème du Xinjiang n'est pas nouveau. Il y a eu une montée en puissance des tensions dans les années 1990 jusqu'en 1998 où les choses se sont calmées après une grande répression chinoise. La population ouïgour a été malmenée par cette répression extrêmement large et violente appelée politique du "frapper fort" en 1995-1996. Celle-ci visait à tuer dans l'oeuf tout politique séparatiste. Mais elle ne s'appliquait pas à une population spécialement touchée par le djihadisme : il faut savoir que les Ouïghours pratiquent un islam très modéré. On se souvient d'une manifestation de soutien à un imam en 1995 arrêté pour avoir fait un sermon du vendredi en faveur des droits de la femme dans sa mosquée. Les Chinois estimaient que ceux-ci ne pouvaient être abordés que par le Parti communiste...
Mais aujourd'hui, il y a un danger, djihadiste cette fois, qui se précise de plus en plus. On trouve de petits groupes islamistes d'Ouïghours qui ont été au contact de la résistance afghane contre les Soviétiques dans les années 1980 et des talibans quand d'autres qui se sont alliés au mouvement islamique d'Ouzbékistan, un groupe très important qui a fait trembler les régimes d'Asie centrale. Si le nombre de groupes islamistes radicaux qui utilisent le terrorisme reste limité, ils existent malgré tout. Un certain nombre ont pu s'échapper avec les talibans dans les provinces tribales pakistanaises, et on ne sait pas combien ont pu repasser du côté du Xinjiang. Les événements récents nous amènent à penser qu'ils sont présents et actifs.

lepoint.fr : La fracture au Xinjiang est-elle une une séparation que l'on peut qualifier d'ethnique ?

D. C. :
Il y a effectivement une coupure ethnique claire entre les Hans et les Ouïghours. Mais il ne faut pas être manichéen : les Hans qui habitent dans la région depuis longtemps ont des aussi problèmes avec les Hans nouvellement installés, arrivés avec la répression dans les années 1990 que les Ouïghours eux-mêmes. La coupure n'est donc pas à 100 % ethnique même s'il y a d'un côté les Ouïghours et de l'autre côté les Chinois. Elle est aussi linguistique. Le régime de Pékin essaie de calmer les choses, principalement par le biais de l'économie mais il faudrait une reconnaissance en termes culturels et politiques pour que les tensions puissent avoir une chance de retomber.

lepoint.fr : La situation très médiatisée au Tibet ne masque-t-elle pas les problèmes de la région du Xinjiang ?

D. C. : Effectivement, il y a un côté superficiel dans la critique de l'actualité tibétaine, très liée à l'image du dalaï-lama et du bouddhisme. Or, il y un problème plus global en Chine : celui des minorités. Si les tensions montent dans toutes ces provinces plus ou moins autonomes, il y aura un affaiblissement de la Chine à terme, et les occidentaux ont beaucoup plus à craindre d'une Chine affaiblie que d'une Chine forte et intégrée dans le concert des nations. Il n'y a pas que la Chine qui risque d'être touchée : le sud de la Russie et l'Asie centrale le seraient également. 

Publié le 04/08/2008 Le Point.fr 
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Mercredi 30 juillet 2008 3 30 /07 /2008 17:07
Revenant sur une promesse de laisser une liberté totale aux médias pendant les JO, Pékin a annoncé qu'il allait censurer l'internet utilisé par les médias étrangers pendant la compétition.
AFP
LIBERATION.FR : mercredi 30 juillet 2008

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Mercredi 30 juillet 2008 3 30 /07 /2008 02:38
Revenant sur une promesse de laisser une liberté totale aux médias pendant les JO, Pékin a annoncé qu'il allait censurer l'internet utilisé par les médias étrangers pendant la compétition.
AFP
LIBERATION.FR : mercredi 30 juillet 2008

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Mardi 15 juillet 2008 2 15 /07 /2008 01:29

Le candidat démocrate a violemment critiqué, ce mardi 15 juillet, la politique de l'administration Bush en Irak et en Afghanistan. Accusant le gouvernement actuel de se détourner des menaces réelles et d'avoir un "esprit obtus" concernant la guerre en Irak, il a affirmé que la plus grande menace terroriste provient d'Afghanistan et non pas de Bagdad.

Voir la vidéo :

http://www.lemonde.fr/web/video/0,47-0@2-829254,54-1073846@51-904503,0.html

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